Otis Reading – My girl



En 1967, j’avais 16 ans, pendant les vacances d’été j’étais à Porstmouth dans une famille. En réalité j’ai passé le mois de juillet au Meca, une sorte de complexe qui abritait un Booling et un Ballroom. J’étais sous influence, celle de James Brown que j’avais vu à l’Olympia une année plus tôt et Otis Reading que je préférais et dont je possédais un double album 30cm dont je m’abreuvais. Comment ne pas garder la mémoire de ces slows torrides qui facilitaient les rapprochements linguistiques avec les petites anglaises. Les fins de soirées se terminaient en échauffourées aux côtés des mobs contre les Rockers, ces chevaliers du mal motorisés prêt à bouffer du « frog » ( grenouilles, c'est ainsi qu'ils désignaient les français) pour leur faire passer l’envie de brouter leurs plates bandes.

Sam & Dave, était un boys band qui piquait à Otis Reading les intonations voir le jeux de scène ici dans « Hold on, I’m comin » ils reprennent jusqu’aux « gat gat » célèbres du maître des la soul musique. La Tamla Motown carburait à tout va sortant produit sur produit, et les disques Stax, l’équivalent de Blue note pour la soul faisait un carton.

Il est difficile de dire ce que représente Ray Charles pour ma génération. En fait, j’ai souvent le sentiment qu’il a toujours été là, présent dans l’univers musical, comme un seigneur. De la même façon qu’ Ella Fitzerald ou « Satchmo », ces figures là, j’ai grandi avec, elles ont été des repères vers lesquels sans cesse je revenais, m’accrochant à travers une radio, une émission de télé, ou la bande sonore d’un film. Ce qui est encore plus incroyable c’est que leurs disparitions n’a rien changé, je vis avec ces voies éternelles tellement présentes et si réconfortantes ! Mais Ray Charles est hors du temps, parce qu’il peut chanter « what i say » « let it be « ou « my yddish mame » il incarne la voix du jazz.

Wislon Picket était dans le milieu des années 60 le type même du déchainé qui faisait craqué les salles, capable de faire monter sur la scène la moitié de l’assistance, il abusait du mode répétitif et était capable de tenir un tempo constant à 180 pendant vingt minutes. A ce rythme là tous le monde était mort. Mais dans les années 60 on avait du répondant et on avait si longtemps dansé sur le madison et le cha cha qu’on voulait transpirer un bon coup. Wilson Picket était du genre à pousser des gueulantes qui n’avaient rien à envier à celles de James Brown. Dans la vidéo que j’ai trouvée, le caméraman est en plein milieu d’une foule déchainée qui se melle aux musiciens et danse avec Picket qui est survolté et balance à vous donner le mal de mer, la section cuivre est comme on la rêve et la caméra est tellement mobile qu'elle vous donnera le mal de mer, mais bonsang de bonsoir ça déchire.

Aretha Franklin - Respect (1990)

S’il fallait que je définisse un modèle de femme qui me fasse craquer, je choisirais Aretha Franklin le jour ou elle a enregistrée cette vidéo. Ce jour là, si je l’avais rencontré je l’aurai suivi au bout du monde ! je crois bien que c’est la seul voix féminine qui m’a toujours forcée à me bouger , Dès que je l’entend instantanément je me met à gigoter et je me prend la chaire de poule. Aretha est une beauté ronde qui au moindre mouvement de hanche vous arrache à la réalité et vous embarque dans un monde où la sensualité est la loi.

Au delà de mes fantasmes personnels, Aretha Franklin porte le symbole d’une double émancipation, celle d’une Amérique noire qui enfin se réalise, et elle incarne l’affranchissement féminin qui s’épanouit; elle prend le risque de tenir la tête haute, revendiquant le droit à une liberté d’image et d’une condition humaine qui joue et s'assume. La vie nous change, cette charmante jeune fille bien en chair, mais si appaîtisssante s'est transformée, refletant cette amérique obèse gavée de Macdo, Aller voir les vidéos complémentaires sur Youtube et écouter le chant de cette Diva, fermer les yeux, vous découvrirez toute l'humanité magnifique de cette voix hors norme qui chante le blues comme seules, à peine une poignée d'autres ont su le chanter.