dimanche 12 octobre 2008
Un week-end bien tranquille
Par Patrick Jelin, dimanche 12 octobre 2008 à 09:31 :: Carnet de bord
Comme si de rien était...
le monde est au bord du gouffre, on nous le bassine à longueur de journée, nous sommes tous suspendus aux commentaires des pros de la finance qui nous prédisent l'enfer... mort au loup, mort du loup!
Tous les matins sur Europe1 Fogiel assouvit sa libido en annonçant le pire, allez faites sortir les "Robespierre" et les "Danton", écoutez les psys patentés qui témoignent que l'heure des comptes est arrivée, planquez vous les nantis ça va saigner ! ça remet ça l'aprés midi, François de Clozet prédit une révolution sanguinaire;
Samedi matin, sur les Champs Elysées, un temps radieux, des couleurs d'automne, une foule de promeneurs qui hésitent entre Picasso, Demarchelier et l'expo EADS, il y en a pour tout le monde et pour tous les gouts. Rien à voir avec la mort annoncée de notre système. Je ne vois nulle part la queue aux guichets des banques, pas de regards inquiets ou agressifs, les gens vivent le moment présent en s'inspirant des vrais richesses que le monde nous offre, Monet, Courbet...
Donc, on respire et on se dit qu'après tout, tout cela n'est peut être qu'un rêve, une histoire qui ne concerne que ceux qui y croient... bref on profite, qui disait " tant qu'il y a de la musique, on danse" ?

"Patrick Demarchelier" - Petit Palais - Paris 75008 - Du 27 Septembre au 4 janvier 2008
Picasso n'étant pas approchable, pour le moment, je me rabat sur Demarchelier au Petit palais; C'est un photographe de mode, qui s'est installé à New-york dans les années 70, il a fait carrière dans la mode et le show Biz et revient au pays auréolé d'une gloire préfabriquée.
Demarchelier est un bon photographe, pas vraiment un artiste. par quel miracle atterrit-il dans un espace aussi prestigieux que le Petit palais. Qui a été autant indélicat et a eu l'idée de faire côtoyer les portraits de la jet américaine avec "Le sommeil" de Courbet !! jamais un photographe français, et dieu sait s'il y en a: Bourdin, Doineau, Cartier Bresson, Man Ray, Lartigue etc.. n'ont eu le droit à un privilège !
Quel est le Gaulois qui voit un tel mérite, dans le travail d'un artiste exilé aux USA,et dont l'unique objet est la séduction ? ni Irvin Penn, ni Sarah Moon, ni Serge Lutens n'ont connu une telle gloire.
Je me doute que l'inspiration vient de la de proximité: C'est une idée facile que de marier la photo récente avec peinture classique dans une scénographie qui empreinte l'idée à l'exposition Picasso.
Gilles Chazal conservateur général du patrimoine et directeur du petit Palais a du confondre Photographie avec Star Académie.
Demarchelier, n'est tout de même pas le dernier des idiots et une fois passé le ressentiment, on sera surpris par quelques bonnes images et puis l'endroit est tellement exceptionnel, que l'on peut y passer un bon moment d'autant que l'entrée est gratuite.

"César - folon" - Galerie Alexandre Leadouze - 2, avenue Matignon - 75008 Paris - Du 16 Octobre au 31 décembre 2008
Quel dommage que le Petit Palais n'ai pas pensé à faire ses honneurs à Folon. Il m'est impossible de penser à Jean Michel sans avoir une larme à l'œil sur ma jeunesse. Combien j'ai adoré ces petits bonshommes qui battaient des bras pour s'envoler dans le soleil couchant en nous souhaitant la bonne nuit. Folon est la marque de fabrique d'une époque ou l'on avait encore le courage d'être romantique et compréhensible. Il suffit de regarder une photographie qui le représente pour deviner un regard étonné d'enfant rempli d'inquiétude, de gentillesse et de tolérance. j'ai lu dans les yeux de son compatriote l'harmoniciste Toots Thielmans le même regard et aussi celui de Brel. un état d'âme qui fait cruellement défaut à notre époque. Que Folon fut l'ami de César n'a rien d"étonnant, ce dernier derrière sa jovialité provocatrice, cachait un amour de la poésie, en alternant les aquarelles de Folon, les dessins de César et les sculptures des deux, l'exposition qui démarre le 15 décembre réunit les deux amis dans un ultime échange légitime. On imagine les conversations des deux compères échangeant quelques secrets de fabrique, mais aussi, et c'est sans doute la force de leurs œuvres respectives, l'art de faire fonctionner le symbolique dans une production de l'esprit.

Galerie Alexandre Leadouze - 2, avenue Matignon - 75008 Paris - Du 16 Octobre au 31 décembre 2008
Liu Yuju, peintre chinois.- Galerie Adler 75, rue du Faubourg saint Honoré 75008 Paris
Je passe sur le superbe catalogue édité pour la promotion de ce peintre que je ne connaissais pas avant d'être entré dans la galerie, dans la préface on nous cause d'une femme chinoise qui aurait du vague à l'âme parce qu'elle cache au plus profond d'elle une inquiétude qui fait tâche dans son apparente quiétude. En fait on est en face d'un travail qui serait extrait d'un super manga, sorte d'hyper réalisme de portrait sur lequel on s'interroge de l'utilité fonctionnelle ou intellectuelle. Décoratif mais lugubre, on voudrait être surpris, ému ou juste touché, rien n'y fait on est en vis à vis avec une froideur qui se voudrait transgressive et qui fait bien trop d'effort pour que cela sente le vrai. De cet platitude sans véritable objet on ressent un véritable malaise et c'est peut être l'effet recherché.