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lundi 16 février 2009

Saint valéry sur la Somme

La baie de Somme est enneigée. Un monde s’étend à perte de vue. Terre, sable, ciel et mer se confondent. Une sorte de désert. Des cris d’oiseaux, amplifiés par le vent. Je me sens infiniment petit, mélancolique.

Saint-Valéry, sur l’estuaire de la Somme, s’étend le long du canal et de la promenade qui va jusqu’à la mer. Le quartier haut, fortifié, domine la baie.

Quelques arbres, comme des sculptures temporaires, surplombent la frontière entre les landes de terres marécageuses qui fait face aux habitations de la ville basse. Sujets inquiétants d’un paysage monochrome. L’eau du canal renvoie leurs images, floutées par la surface irisée, que je regarde au travers de mon objectif, perplexe.

L’actualité ? La guerre ? L’agitation des métropoles ? Je pense à la façon dont Velasquez s’est approprié le reflet, Baselitz le retournement de l’image, et ce qui était tranquille il y a peu devient terrible. Apocalyptique. Quelques images ne sont pas sages…

mercredi 4 février 2009

" Florian Schneider Ex- Krafwerk"

J'ai appris un peu par hasard que Florian Schneider avait quitté Kraftwerk – 40 ans après l’avoir fondé avec Ralf Hütter ! Je l'avais photographié en octobre 1976, à la demande de Paul Alessandrini, journaliste à Rock&Folk. Rendez-vous avait été pris pour déjeuner au Train bleu, la célèbre brasserie de la gare de Lyon.

Entre-temps, je m’étais un peu renseigné sur cet étrange dandy, et sur son compère, aussi (trop) soigné que lui et, vite, une impression s’était formée : Florian Schneider et Ralf Hütter étaient comme les Gilbert & George de la musique pop, les « sculptures vivantes », affirmant depuis leurs débuts scandaleux être eux-même l'œuvre d'art.

Cette façon de se comporter, d'approcher leur production, cela me faisait aussi penser à Warhol. Avec Bowie, mais dans un autre registre, Florian Schneider et Ralf Hütter ont été parmi les rares artistes de cette époque à faire marcher ensemble musique et musiciens – spectacle total.

La lumière entrant à flots dans le restaurant par les immenses baies vitrées qui donnent sur la cour de Lyon, le service bruyant, des gens parlant affaires, des femmes belles à voir, parfaitement parisiennes, manifestement curieuses, les uns et les autres se retournant dans notre direction. Qui pouvaient être ces jeunes hommes élégants, tellement rigides qu'ils semblaient venir d'une autre époque, un air « allemand » très 1930 qui rappelait de mauvais souvenirs, incarnations d’une mauvaise conscience sourde ? Anti- provocation.

En 1976, le rock était proche de la « punk attitude » et les années Hip étaient derrière nous. Bowie occupait la scène et Kraftwerk semblait être comme le contrepoint de Sex Pistols.

J'ai attendu le dessert pour photographier : la lumière était insuffisante et je ne voulais pas utiliser de flash. J'ai demandé à Claude Gassian, la mémoire photographique du rock, de m'aider, de faire un réflecteur avec une serviette blanche et de l'approcher le plus possible des visages sans entrer dans le champ. Et j'ai shooté quelques images qui ont été retenues par Rock&Folk

Florian Schneider a peut-être abandonné son groupe pour s’intéresser aux images. Son travail est sur le web

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