La rue de la ville est un sujet inépuisable. Il me suffit d'y faire un tour pour me remettre en forme. Le moindre bistrot, un marché, une impasse me procurent matière à l' étonnement.

Beaucoup de photographes sont " en planque" ils restent des heures à la même place, le télé alourdissant leur machine, ils cherchent à surprendre de loin l'inattendu. Nombreux sont ceux qui s'encombrent d'un matériel lourd et sophistiqué et passent leurs temps à changer d'optique ou à farfouiller dans leur sacoche.

Chacun son truc. Je choisi d'avancer, libre, les mains dans les poches, un appareil aussi petit que possible, parfois un simple téléphone. C'est à peine si je regarde l'écran, je cadre à vue, je me fous de faire le point, de calculer le diaph ou la profondeur de champ, j'avance. Souvent Je n'ai pas d'autre parcours défini que celui qui me conduit à un bistrot,une exposition ou chez un copain. Je dérive et me mets dans la peau de mes Maîtres disparus, de temps à autre un miracle se produit.

Finalement, la tradition se perpétue, mais une chose a vraiment changé, lorsque je rentre, j'allume mon ordinateur, immédiatement j'ai la réponse de ma quête. il n'y a plus le lent cérémonial de la chimie, le temps du développement puis de l'insolation d'une planche contact, les heures passées sous la lumière in actinique à triturer l'image, un fond musical en soutien. Aujourd'hui la danse se mène avec la face lisse de l'écran, l'agilité n'est plus celle du mouvement des mains sous la lumière d'un projecteur, c'est celle de l'interprétation des informations binaires et de leur traitement. c'est Froid.

Ce qui se perpétue, ce qui persiste,c'est cette joie que procure la rencontre avec la vie pendant la promenade comme cette image d'un chevalier des temps moderne capturée devant le Café de Flore.