C'est en 1972 que Miles Davis produit « On the corner » le premier 30 centimètres d'une nouvelle sorte de jazz-funck psychédélique qui sera durement critiqué par les puristes. La couverture sur fond jaune de cet album représente les caricatures des habitants de Harlem qui semblent sortir tout droit d'un film de Spike Lee



Jusqu'en 1992, la réputation d' Harlem était celle d'un coupe-gorge. A partir de la 90ème rue , le promeneur qui remontait Madison Avenue hésitait à aller plus haut dans Manhattan. 17 ans plus tard, Harlem est devenu un lieu de gaieté et de fantaisie qui se développe en s'appuyant sur sa différence culturelle
Il est vrai que l'on voit encore trainer quelques camés, prostituées et « délirants » cela fait partie du folklore, une certaine image modelée très longtemps par la misère. Mais Il y a dans ce coin là quelque chose d'autre qui rend l'urbanité supportable, c'est l'âme d'un village.

Rudy Giuliani, puis aujourd'hui Michael Bloomberg, maires successifs de New-York, ont joué la carte de la tolérance zéro qui est devenue " dit-on " un projet consensuel, la liberté de se promener à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit sans risquer la moindre agression est une victoire appréciée par tout le monde.
D'après les résidents qui ont voyagé, on est bien plus en sécurité dans les rues de Harlem que sur les Champs Elysées. Le plus beau coup des politiques aura été d'utiliser l'Afro-Américanisme comme ciment de la paix sociale. l'Apollo Theater transformé en tribune culturelle à la gloire de la Soul Musique, du Hip Hop et de la Funk, ressemble plus à un parc d'attraction qu'à une scène où peut s'exprimer une avant garde. On vient s'amuser, danser, passer un moment de franche rigolade et de plaisir, mais aussi découvrir les nouveau talents de la scène Soul.Tant mieux si cela fonctionne et si cela profite aux habitants qui voient là un commerce culturel lucratif.



Le Lenox Lounge ( http://www.lenoxlounge.com – 288 Lenox Avenue) est un autre haut lieu qui fait l'âme d'Harlem, ouvert depuis la fin des années 30, c'est un lieu de légende où sont passés Miles Davis et John Coltrane. Un vrai bar ou l'on peut s'appuyer sur le zinc, boire une Budweiser et écouter une formation totalement inconnue et " qui déménage "!

Shrine est un bar restaurant plus proche de l'esprit actuel qui exprime la mutation du quartier avec l' émigration issue des minorités africaines réfugiées politiques. Kater et son frère Ousmane viennent du Burkina Fasso ils ont écrit sur le fronton de leur établissement «  Black United Fun Plaza ». C'est un lieu où toutes les musiques peuvent s'exprimer et l'on peut aussi faire enregistrer son passage avec un Mix Pro. Une ambiance qui fait une large place à la Pop, le Reggae, le Jazz sous toutes ses formes, il suffit de s'inscrire sur la liste. Shrine , un endroit à découvrir . Le programme et les photos sur le site. ( http://shrinenyc.com - 2271 Adam Clayton Powell jr. Blvd. Tel: 212-690-7807 )



Tant mieux si cela fonctionne et si cela profite aux habitants qui voient là un commerce culturel lucratif. l'histoire d"Harlem est en forme de montagne russe, les hauts sont mythologiques, les bas sont dramatiques. Depuis quelques années , la réhabilitation des brownstones participe à la gentrification du quartier et les nombreux chantiers immobiliers attestent de la volonté de faire un continuum avec Midtown plus au sud.

Habiter ?

Quelques Français expatriés ont su s'intégrer en profitant des avantages que leur octroyait la ville qui avait la propriété de nombreux immeubles. L'exemple de Michel Bonfils
( http://www.michellebedandbreakfast.com/ ) est frappant, il y a six ans, lassée des difficultés qu'elle rencontrait en France, elle va à New york et tombe amoureuse de ce quartier, elle monte le projet de s'établir en créant un bed and breakfast dans la 130ème rue à la hauteur de Malcom X Boulevard. Voilà deux ans qu'elle ne prend plus de vacances, car ses locations sont complètes permanence. Sa maison est grande et agréable , décorée avec un sens du gout alternatif , un endroit discret et surtout un confort fonctionnel sans faille.On peut même pour un prix modeste se payer le luxe de vivre dans un appartement new yorkaisde 70 m2. Michelle s'efforce d'être un précieux conseil auprès de ses visiteurs en les rassurant pendant le petit déjeuner, qui par beau temps peu se prendre au jardin. Elle distribue les bons tuyaux , les adresses des bons restos pas chers ou celle des petits bars sympas ou l'on fait de la musique. Michelle, C'est un havre de paix au milieu d'une ville tumultueuse.


Manger ?

Jérome lui aussi à quitté la France après avoir compris qu'il ne pourrait jamais «  gravir l'échelle sociale. » Pour lui ,la valeur travail est l'âme de la réussite et aux US. Cette valeur est respectée et reconnue par tous. Il prend la décision de venir s'installer à New-York où il travaille dans la restauration en commençant au bas de l'échelle, il vit dans Harlem, se marie avec une New Yorkaise ils ont une petite fille et Il finit par trouver une opportunité pour créer son propre restaurant «  Chez Lucienne » Une vraie brasserie à la française avec une superbe terrasse juste à la sortie du métro 125 Est. Le tout Harlem s'y retrouve et découvre ainsi «  l'esprit d'une table française  pour pas plus de 20 $.!!!
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Un peu plus loin sur le trottoir d'en face, il y a Jacob ou il faut absolument aller. comme son enseigne l'indique, c'est un Soul restaurant. Un self service qui se paye au poids de la nourritrure. on prend un plateau en "Poly-queque-chose" on fait le tour des meubles containers qui regorgent de légumes, viandes, fruits, salades en tout genre, on va à la caisse et on en a ,boisson comprise, pour moins de 10 $. On peut alors s'assoir en regardant un écran qui balance Stevie Wonder, Mïchael Jackson, James Brown etc..ambiance garantie, ouvert toute la nuit.