Europ'art suite et fin
Par Patrick Jelin, jeudi 8 mai 2008 à 12:05 :: Carnet de bord :: #29 :: rss
Europ’art expo, déjà un lointain souvenir.
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Il faut faire des expériences dans la vie si l’on ne veut pas mourir idiot. Participer à un salon, une exposition collective d’artistes est une chose, s’engager dans une « foire » en est une autre.
Le contexte n’est pas innocent pour autant qu’il devient signifiant et contribue à forger une image.

Il est claire qu’en mélangeant les genres on obtient la confusion la plus totale, une confusion d’autant plus grande que les organisateurs, ayant un objectif commercial qui est de faire le plus grand nombre d’entrées possible, n’hésitent pas à faire un tour de passe-passe publicitaire.
On comprendra après coup et parce qu’on s’est fait piégé, que Palexpo, n’a qu’un seul souci dans, celui de vouloir donner au salon du livre une dimension qui pourra rivaliser avec celui de Paris. Soit dit en passant, il n’est pas innocent de laisser Tarik Ramadan diffuser ses livres gratuitement sur un stand.
Pour ce faire Palexpo , étant très loin de réunir de nombreux éditeurs, il lui faut trouver une astuce qui animera son affaire et lui donnera un « corps « culturel. Des astuces qui lui permettront de justifier le prix d’entrée, de rameuter une clientèle d’amis et de pouvoir dire pour le prochain salon que le nombre d’entrées est en pleine croissance. Alors Palexpo organise une énorme expo sur l’Egypte en mettant le paquet, avec reconstitutions des momies pharaoniques, orchestres et conférences, un stand qui occupe à lui seul le 1/3 de la superficie.
Mais ça ne suffit pas…
Quoi de mieux que de se payer un salon d’art contemporain ? certes Europ’art ne réuni pas les fines lames de Bâle ou de Venise, mais il est une porte d’entrée ; un moyen de poser ses marques.
Donc Palexpo rachette Euro’Art.

Quand on fait le tour du salon, on trouve à boire et à manger, mais il y a de « bonnes choses » et la logistique ainsi que les structures sont conformes à ce qu’on est en droit d’attendre en tant qu’exposant. .. sauf que…
Un flash, une idée lumineuse germe dans la tête des organisateurs, un truc … si ça prend, ça va casser la baraque. On va tester ça, si ça prend c’est génial !!! faut mettre la pression sur Mr.Barrer le directeur de Europ’expo, il faut lui dire qu’il doit augmenter son quota de stands, il reste de la place à rentabiliser.
L’idée est d’adjoindre aux artistes un département « artisanat d’art », un truc emprunté à « Maison et Objets » qui fait un malheur à Paris. On commence cette année avec une allée et si ça prend l’année prochaine on décline. … sauf que….
Les visiteurs du salon du livre sont à 30% des gamins des écoles, à 30 % des enseignants, des mères de familles et des étudiants désargentés, et qu’il reste un petit 30% qui regroupe un peu tout, de la veuve qui fait sa sortie du dimanche en passant par le chômeur à l’affut, ( oui il y a aussi des chômeurs en suisse ) et enfin les potes qui se sentent obligés de venir soutenir leur clan. Bref aucun acheteur, aucun mécène, pas un collectionneur.
A la fin du second jour, il y eu la soirée vernissage, on s’attendait à accueillir les représentants de l’intelligence culturelle Genevoise, on espérait quelques amis mécènes et quelques découvreurs de talents professionnellement attentifs à tout évènement sans a priori. Les efforts de l’organisateur distribuant champagne et vivres étaient rassurants. En vain…
A la fin du 4 ème journée on nous fit comprendre que samedi et dimanche étaient des jours bénis, et le cinquième jour qu’on avait vraiment pas de chance parce qu’il faisait très beau et que les pauvres Genevois n’avaient pas profité du soleil depuis bien longtemps.
Le dimanche à Midi, les carottes étant cuites, je pris mes clics et mes clacs et je m’enfuyais pour Paris.
Epilogue :
Le métier d’artiste est très dur, souvent l’artiste est abusé ou se laisse abuser par manque de rigueur. Certain font commerce de ces faiblesses. Mais ces évènements aussi minables qu’ils soient mettent en relation des talents, des esprits, des hommes et des femmes, qui n’ayant autre chose à faire que de se rencontrer finissent pas se lier. C’est de cela qu’il faut savoir tirer une richesse, de cette forme d’humanité qu’il faut travailler pour en faire jaillir quelque chose de nouveau.
Mais attention, Il ne faut absolument pas pardonner l’abus de confiance fait auprès des artistes qui par définition engagent leurs ressources souvent fragiles et ne peuvent se passer du retour sur investissement.
Pendant Europ’art, j’ai essayé de sortir de mon cocon pour rencontrer quelques personnes nouvelles, certaines d’entre elles avaient un vrai talent. Je pense à Marina Salinska marchand d’art de grand talent, ou encore celui de Jeong-ae Ju , mais aussi le travail de Buisson qui présentait ses tables et ses luminaires véritables sculptures fictionnelles.
Le plus difficile sera après coup de maintenir le fil tenu qui raccorde les vies.
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